
Depuis le début de la campagne, M. Strauss-Kahn doit tenir une ligne difficile : éliminer tous les soupçons de tiédeur à l'égard de Mme Royal. Rester le symbole du centre-gauche et donc celui qu'il faudra mettre en avant s'il faut ramener les électeurs centristes vers Mme Royal.
Pour satisfaire le premier point, il doit donc, chaque fois, fermer la porte aux appels d'alliance au centre avant le premier tour. Pour ne pas compromettre le second, il se refuse à insulter les auteurs de ces appels. "Il a jugé les propos de François Hollande, qualifiant d'indigne l'appel de Rocard, beaucoup trop violent", explique ainsi un de ses proches.
Dans ce cadre, déjà, il avait dû envoyer M. Cambadélis désapprouver l'initiative des "Gracques", ce groupe d'anciens membres des cabinets ministériels socialistes dont certains viennent des cercles strauss-kahniens, qui appelaient, eux aussi, le 22 mars, à une alliance PS-UDF. M. Strauss-Kahn juge la proposition de M. Rocard tout aussi malvenue.
Lors de deux conversations téléphoniques avec l'ancien premier ministre, au début du mois d'avril, il a d'ailleurs tenté de le dissuader de lancer maintenant son appel : "Si tu lances cette hypothèse avant le premier tour, tu sous-entends que tu ne soutiens par Ségolène", a-t-il expliqué en substance à M. Rocard. Ce dernier a différé la rédaction de son texte, avant, finalement, de sceller sa décision et de dîner avec François Bayrou
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