lundi 19 mars 2007

La partie immergée... de Bayrou


Put-on penser qu'il y a des similitudes, des ressemblances entre les campagnes présidentielles de François Mitterrand (1981) et de Jacques Chirac (1995) et celle de François Bayrou ?


On peut surtout voir des ressemblances (pour ce qui concerne Bayrou) avec 1958 et 1981… Dans les deux cas, le président de la République élu ne disposait pas, avant l'élection, d'une majorité au Parlement… C'est une fois élus et après en avoir appelé au peuple que les deux présidents en question – de Gaulle et Mitterrand – ont obtenu la majorité nécessaire pour gouverner. C'est toute la force de la candidature Bayrou : s'il était élu, il lui suffirait de demander une majorité aux électeurs, un mois plus tard, et je pronostique qu'il l'obtiendrait (en détruisant au passage l'UMP et le PS). Autrement dit, lorsque l'UMP et le PS lui font un procès en ingouvernabilité, ils se trompent de république, de peuple et même d'institutions... La logique de la Ve République donne une sorte d'assomption populaire au président élu qui, dans la dynamique, obtient une majorité.

De plus, Bayrou ne parle pas de consensus, il évoque un programme qui tiendrait à la fois de la préoccupation solidaire (de gauche) et de la libéralisation de l'économie (de droite) et demande à tous ceux qui se reconnaissent dans ces axiomes de le rejoindre. S'ils sont de gauche, tant mieux, mais s'ils sont de droite, ils sont aussi les bienvenus. Sa posture est au fond très gaullienne : ralliez-vous, au-dessus les partis, à mon panache blanc. C'est un autre paradoxe de cette élection : l'héritier du gaullisme est fortement lié à un parti (l'UMP) alors que l'héritier (autoproclamé) du mendésisme et du delorisme se situe au-dessus des partis, dans une posture très gaullienne.

Aucun commentaire: